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Perspectives

La nécessité de l'enseignement des sciences spatiales en Afrique

Nelly-Helen Ebruka

Il est nécessaire de mettre en place des programmes d'éducation et de sensibilisation aux sciences spatiales destinés aux élèves du primaire (âgés de 4 à 15 ans) sur l'ensemble du continent. Cette démarche, bien que s'inscrivant dans le long terme, est essentielle et impérative en ce XXIe siècle où les agences gouvernementales et les entreprises privées envisagent des missions lunaires permanentes. C'est peut-être aussi le seul moyen d'éviter que l'Afrique ne soit laissée pour compte.

La technologie spatiale et l'exploration spatiale sont incontestablement devenues un domaine scientifique fascinant, dont les retombées positive se répercutent sur tous les domaines de l'activité humaine à travers le monde, y compris en Afrique. Leur impact se fait sentir à l'échelle mondiale dans tous les secteurs de la vie moderne, qu'il s'agisse des communications, de l'éducation, de la médecine, de l'agriculture ou d'autres domaines encore.

De nombreux pays ont désormais pris conscience des avantages inestimables découlant du développement et des applications des sciences et technologies spatiales (SST). Ils s'efforcent d'approfondir l'exploration et l'exploitation des opportunités offertes par ce domaine. Néanmoins, le Nigeria, le Ghana, l’Éthiopie et la plupart des pays africains sont freinés par des difficultés telles que le manque de financement adéquat, le manque de ressources humaines, l’absence de volonté politique, entre autres.

Il n'en reste pas moins qu'au fil des ans, les sciences et technologies de la mer (SST) ont façonné notre quotidien, grâce à leur immense contribution à l'amélioration de la qualité de vie de chacun et à leur capacité à ouvrir de nouvelles perspectives, notamment celle qui vous permet de lire cet article. Il apparaît donc nécessaire de promouvoir et d’encourager la recherche scientifique et les investissements dans les SST, en particulier sur les continents en développement comme l’Afrique.

Cette affirmation n'est pas sans fondement. Bien que l'Afrique ait connu une croissance impressionnante de son industrie spatiale au cours des dernières années, il nous reste encore un long chemin à parcourir pour rattraper le reste du monde.  À l'heure actuelle, aucune mission spatiale habitée n'a été menée en Afrique, et la plupart des pays africains n'ont même pas lancé de satellite dans l'espace, contrairement aux progrès réalisés en Amérique du Nord, en Asie et sur d'autres continents.

Cette comparaison n’a pas pour but de ridiculiser les efforts déployés par l’Afrique en matière de capacités spatiales. Elle met plutôt en lumière l’ampleur du fossé technologique et propose une stratégie fondamentale pour combler cette disparité, non pas dans un souci de concurrence, mais afin d’assurer une meilleure qualité de vie aux Africains. Un moyen réaliste et efficace de résoudre les problèmes évoqués précédemment consiste à développer un capital humain local pour l’industrie spatiale du continent.

 La politique spatiale africaine résume cette hypothèse en ces termes :

« Pour que l’Afrique puisse rattraper son retard et s’inscrire dans les avancées technologiques du XXIe siècle, le continent doit former un nombre suffisant de scientifiques, d’ingénieurs et de professionnels du secteur spatial issus de ses propres rangs, qui contribueront activement à trouver des solutions aux problèmes du continent… L’Afrique doit relever le défi de pérenniser ses efforts spatiaux et de promouvoir l’utilisation des services issus des technologies spatiales auprès de toutes les nations africaines. Pour relever ces défis, un développement important du capital humain est nécessaire. En conséquence, l’Afrique devrait élaborer et adopter les programmes et outils pédagogiques essentiels en matière spatiale, indispensables au renforcement de ses capacités et, partant, au maintien d’une utilisation généralisée des technologies spatiales au service de son développement ».

Par conséquent, la sensibilisation et l’éducation à l’espace en Afrique revêtent une importance cruciale pour pallier cette lacune et permettre au continent de contribuer et de participer activement aux affaires spatiales mondiales, dans l’intérêt de l’Afrique et de l’humanité tout entière. L’enseignement des sciences spatiales à tous les niveaux d’études, c’est-à-dire primaire, secondaire et supérieur, constitue un outil essentiel qui permettra de créer un environnement propice à la recherche et au développement scientifiques.

En résumé, l’auteur souhaite souligner la nécessité d’une éducation et d’une sensibilisation aux sciences spatiales auprès des élèves du primaire (âgés de 4 à 15 ans) sur l’ensemble du continent. Cette approche, bien que s’inscrivant dans le long terme, est essentielle et impérative en ce XXIe siècle où les agences gouvernementales et les entreprises privées envisagent des missions lunaires permanentes. C'est peut-être aussi le seul moyen d'éviter que l'Afrique ne soit laissée pour compte. Une éducation spatiale dès le plus jeune âge motivera les enfants et favorisera de manière générale leur engagement dans les domaines des sciences, de la technologie et des mathématiques (STEM).

Un moyen évident de garantir la réalisation de cet objectif consiste à intégrer l’enseignement des sciences spatiales dans le programme scientifique destiné aux enfants. Cela constituera un effort pragmatique et délibéré visant à influencer positivement leur perception de l’exploration spatiale et des domaines scientifiques en général. De plus, des actions de sensibilisation à l’espace, des concours et des colonies de vacances devraient être organisés fréquemment, car il existe un manque d’actions de sensibilisation et d’exercices pratiques axés sur l’espace pour les jeunes élèves du secondaire. Les activités susmentionnées inspireront et éduqueront les jeunes élèves, approfondiront leurs connaissances sur l’espace et leur fourniront une base solide pour poursuivre des études supérieures s’ils le souhaitent.     

L'auteur reconnaît toutefois qu'une multitude de problèmes entravent l'avènement d'une ère de sensibilisation à l'espace dans le milieu universitaire du continent ; cependant, les principaux facteurs se résument à trois lacunes qui sont brièvement abordées ci-dessous.

  1. Le manque de volonté des pouvoirs publics de promouvoir l'éducation spatiale dans les pays d'Afrique. Ce phénomène trouve son origine dans le fait que l'importance et la pertinence des sciences spatiales ne sont pas reconnues, à quoi s'ajoutent d'autres facteurs internes tels que l'absence de responsabilité des dirigeants, la corruption et d'autres maux qui déterminent la qualité des dirigeants dans la plupart des pays africains.

  2. On constate également un manque manifeste d'enseignants qualifiés//formés dans l'enseignement primaire. Par conséquent, on ne dispose pas actuellement du capital humain nécessaire pour inculquer patiemment les bases de cette discipline aux jeunes esprits, dans un cadre à la fois théorique et pratique, mais aussi captivant.

  3. Enfin, à l'instar d'autres programmes spatiaux, on constate un manque flagrant de moyens financiers pour financer les projets et programmes liés à l'éducation spatiale, y compris les actions de sensibilisation à l'espace.

Ces trois défis doivent être relevés de manière systématique en mettant en place les cadres institutionnels nécessaires à la formation de la jeune génération. Une étape essentielle consisterait à veiller à ce que les programmes scolaires soient réévalués afin d’y inclure des notions d’astronomie et d’espace dès le niveau élémentaire. Cette formation devrait également faire partie des programmes de formation des enseignants dans les établissements d’enseignement supérieur et les universités. Si davantage de professeurs de sciences locaux sont formés dans le domaine spatial, l’éducation deviendra plus accessible et plus abordable. Par conséquent, étant donné que l’éducation spatiale peut constituer un fondement solide pour la réalisation des ambitions spatiales de l’Afrique, les gouvernements des pays africains, les entreprises et les acteurs individuels de l’industrie spatiale du continent sont instamment invités à prendre en considération, dans les plus brefs délais, les stratégies et les défis exposés ci-dessus.

En conclusion, il convient de rappeler que le système éducatif d’un continent ou d’un pays, quel que soit le domaine d’études concerné, reflète et renforce ses valeurs et ses intérêts les plus chers. Comme le dit le proverbe, l’un des secrets de la réussite réside dans le fait de commencer tôt ; c’est dans cet esprit que les acteurs influents du secteur spatial continental sont invités à s’investir pleinement et à donner le meilleur d’eux-mêmes pour restructurer le système actuel d’enseignement des sciences spatiales, afin de favoriser les progrès dans ce domaine au bénéfice de l’ensemble du continent. L’espace, c’est l’avenir, et l’Afrique doit y trouver sa place.

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